Si on parle de jazz, il y a certains noms qui se détachent du lot: Miles Davis, Herbie Hancock, Ornette Coleman, Archie Shepp - si ça commence à devenir pointu révisez vos classiques ! - et puis bien sûr John Coltrane. Mort de manière précoce en 1967, cela ne l'a pas empêché de sortir une pléthore d'albums, de jouer avec quantité de grands noms (Ellington, Dolphy, Waldron) et de participer à l'évolution du jazz tout au long de sa trop courte carrière: d'abord acteur emblématique du hard bop avec Blue Train, puis pilier du jazz dit modal avec le monumental Olé ou Africa/Brass puis la découverte de la spiritualité avec l'adulé A Love Supreme et une fin de carrière plus expérimentale avec l'exploration de l'avant-garde et du free jazz. En 1959, fraîchement debarassé de ses addictions - oui, oui, c'est bien une seringue sur la pochette de Blue Train - et venant de participer à l'enregistrement d'un des plus grands disques de jazz du siècle, Kind Of Blue de Miles Davis, Coltrane entreprend de réaliser son premier album en tant que leader pour Atlantic, avec qui il a signé quelques mois auparavant. Cet album ce sera Giant Steps. Relativement court dans sa version originale (7 titres pour 37 minutes de musique), Giant Steps est un album d'une concision et d'une rapidité d'exécution proprement redoutables, fort d'une utilisation pratiquement riffesque (déjà !) de motifs accrocheurs (Giant Steps, Cousin Mary, Spiral) et d'une gestion judicieuse des transitions temps fort/temps faible - la comparaison entre la bondissante Countdown et la staticité de Syeeda's Song Flute est éloquente à ce niveau-là. Des éléments de très grande élégance sont également présents comme l'excellente ballade Naima. En fait, Giant Steps ce n'est ni plus ni moins que le premier grand chef d'oeuvre de John Coltrane.

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