Antidotes, encore
un nom en rapport avec un traitement me direz-vous. Que cela n’entache en rien
la qualité de cet album de math rock ! Le style percutant et accrocheur peut
vous faire adhérer en quelques minutes. Les Foals n’hésitent pas à mettre leur
fougue au service d’un savant mélange rythmique, fruit d’un travail acharné sur
les sons de batterie et les figures rythmiques.
Ces dernières permettent justement d’éviter la linéarité en mettant
l’emphase sur certaines parties qui laisse parfois place à un véritable
déchainement des percussions. Cet
Antidotes constitue une offense aux conventions rythmiques et ce, pour notre
plus grand plaisir. Le groupe se délecte, en effet de ces incohérences. Les
motifs mélodiques sur la plupart des morceaux, comme par exemple Balloons ou Big Big Love, sont
constitués de roulement de notes qui se répètent indéfiniment dans un style
très minimaliste. Ce bouquet de sons apporte une présence rassurante à la façon
de Steve Reich, un maître en la matière. En effet, pourquoi utiliser une seule
guitare pour exécuter un accord quand il est envisageable d’en avoir dix-huit sur
lesquelles une seule note est jouée ? Il est agréable de penser que ces
notes ont l’effet de multiples coups de crayon d’artiste qui, non sans une
pointe de dissonance, forment les contours de l’esquisse de l’œuvre. Les titres
sont animés d’un entrain qu’il est impossible de calmer. Quiconque essaie
de faire taire une phrase se retrouve confronté à un déferlement de protestations qui
rappellent la folle liberté rythmique des morceaux. Ceux-ci simulent
l’intention désespérée de combler les brèches, ce qui n’a pour effet que
d’augmenter la pression dans les zones les moins colmatées. Ou donner de la
tête alors ? Frappez à gauche, ils vous nargueront à droite. Il n’y a qu’un seul remède à cela, ou plutôt
antidote : écouter l’album en entier.
Une bonne surprise, il y a vraiment des sacrés moments sur ce skeud (Hummer, Red Soaks, Tron...). Assez classique dans sa construction (quoique ces notes de guitare chaloupées...) mais rudement efficace à l'instar de Strokes ou autres Franz Ferdinand.
RépondreSupprimerContent que tu aies pu saisir ces moments. C'est vrai que c'est parfois classique avec un style notamment proche de Bloc Party mais je ne pense pas que leur but soit de faire dans l'hyper originalité. Ils sont simplement novateurs.
RépondreSupprimerAh Bloc Party je ne connais que Banquet. A creuser. Mais oui si je devais retenir un mot pour ce disque ce serait efficace assurément.
RépondreSupprimerPutain Tron c'est complètement ouf ce titre, il écrase vraiment tous les autres. Nouveau skeud à checker !
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