samedi 27 février 2016

Bruit Noir

2015 > I / III

Noir comme la colère, noir comme la mélancolie. A moins qu'il ne s'agisse de peurs recluses au plus profond de nous mêmes ou bien de l'intimité exposée au grand jour. Un cri d'alarme est lancé à travers la noirceur du quotidien. C'est l'épuisement d'une volonté qui rêve sans cesse de se dérober à son destin inflexible. Un regard vers le passé réveille des sentiments consumés par le temps. La douceur d'une œuvre laisse alors place à l'amertume, voire à l'agacement. Que faut-il encore espérer ? Un bruit couvert par la nébuleuse médiatique se propage à travers les foules gavées par la propagande. On ne lui reconnaît aucun accoutrement, mais le message est très parlant. On ne saurait dire si ces mots sont prononcés ou bien chantés. Ils ne peuvent, en tout cas, rester tapis dans l'ombre, portés par une voix grave qui n'a nul besoin de forcer pour se faire imposer. Le bruit comme pour désigner un style qui n'appartient à aucun registre facilement identifiable. La mécanique s'opère rapidement, avant même de comprendre la recette. D'ailleurs, une fois touché, on ne cherche plus à la comprendre. On reconnaîtra volontiers que cette atmosphère brumeuse a quelque chose d'hypnotique. Des paroles simples qui retranscrivent des pensées tantôt personnelles tantôt communes. Répétées inlassablement, elles gagnent notre approbation. Martelées sur un rythme fougueux comme des incantations, elles font germer l'envie de prendre part au mouvement. La formule sonne avec une simplicité déstabilisante et pourtant, l'ambiance grisonnante aux quelques couleurs pastelles sait faire force. La voix de Pascal Bouaziz y est manifestement pour beaucoup dans cet album qui mêle le genre biographique avec d'autres thèmes du quotidien et de la société. Les sons mystiques dressent des décors envoutants, voire intriguants. Bruit Noir est une curiosité musicale dont il faut profiter.

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