Noir comme la
colère, noir comme la mélancolie. A moins qu'il ne s'agisse de
peurs recluses au plus profond de nous mêmes ou bien de l'intimité
exposée au grand jour. Un cri d'alarme est lancé à travers la
noirceur du quotidien. C'est l'épuisement d'une volonté qui rêve
sans cesse de se dérober à son destin inflexible. Un regard vers le
passé réveille des sentiments consumés par le temps. La douceur
d'une œuvre laisse alors place à l'amertume, voire à l'agacement.
Que faut-il encore espérer ? Un bruit couvert par la nébuleuse
médiatique se propage à travers les foules gavées par la
propagande. On ne lui reconnaît aucun accoutrement, mais le message
est très parlant. On ne saurait dire si ces mots sont prononcés ou
bien chantés. Ils ne peuvent, en tout cas, rester tapis dans
l'ombre, portés par une voix grave qui n'a nul besoin de forcer pour
se faire imposer. Le bruit comme pour désigner un style qui
n'appartient à aucun registre facilement identifiable. La mécanique
s'opère rapidement, avant même de comprendre la recette.
D'ailleurs, une fois touché, on ne cherche plus à la comprendre. On
reconnaîtra volontiers que cette atmosphère brumeuse a quelque
chose d'hypnotique. Des paroles simples qui retranscrivent des
pensées tantôt personnelles tantôt communes. Répétées
inlassablement, elles gagnent notre approbation. Martelées sur un
rythme fougueux comme des incantations, elles font germer l'envie de
prendre part au mouvement. La formule sonne avec une simplicité
déstabilisante et pourtant, l'ambiance grisonnante aux quelques
couleurs pastelles sait faire force. La voix de Pascal Bouaziz y est
manifestement pour beaucoup dans cet album qui mêle le genre
biographique avec d'autres thèmes du quotidien et de la société.
Les sons mystiques dressent des décors envoutants, voire
intriguants. Bruit Noir est une curiosité musicale dont il faut
profiter.
Chro diablement intrigante.
RépondreSupprimer